Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 19:35


 

- Non pas celle là , l'autre burette, la grosse, elle marche mieux, et n'hésite pas à en mettre. Et ça te fera prendre un peu l'air.

Les canulars survenus sur la plage avant inspirent Tac-Tac. Le beau temps revenu, il est décidé à piéger son jeune matelot radio. Seule une longue houle résiduelle fait rouler le P'tet ben qu'si.

Mon p'tit gars, j'va t'instruire... L'après midi, il le fait venir au pied du grand mât.
- Matelot, la corvée te revient, tu es le dernier embarqué, tu vas porter à manger au pigeon voyageur ! tu le sais, en cas de panne de TSF, car nos hautes antennes Marc Honni sont fragiles, nous disposons d'un messager ailé... Mais tu verras, ce Marc a de l'avenir, déjà quelques voilures à cornes font place a de hautes voiles triangulaires qui,  par similitude sont nommées gréement Marconi !
Le novice aime les animaux, et est satisfait de l'aubaine.
- Tu vas aller en cuisine et tu demanderas au cuistot de te donner une assiette de blé.
- Oui Chef !
- Mais tu devras faire attention de ne rien faire tomber.
- ? ? ? ?
- Regarde, le nid, la cage en réalité, est au dessous de la plate-forme de hune, sur l'avant du grand-mât, entre les araignées et le chouque. Inutile de passer par les gambes de revers, tu n'est pas suffisamment amariné, passe prudemment par le trou du chat, c'est la petite ouverture qui y donne accès. Lorsque tu seras sur le plancher de la hune, accroupis-toi, le silo qui alimente le nid se trouve à gauche de la poulie tribord ........
C'est avec un sourire mal dissimulé que, volontairement, Tac-Tac inonde le jeune garçon de termes qui lui sont totalement inconnus.
- Viens voir d'ici lui conseille Tac-Tac.
- Tu la vois maintenant ? lui demande le facétieux radio.
- Oui..., je crois l'apercevoir, répond évasivement le jeune matelot.
Mais le clairon abrège la farce, le poste de combat journalier rappelle l'équipage.

Y joue bien l' clairon aujourd'hui, on dirait du Claidermanne.

Bon, pense le jeunot en rejoignant son poste de combat, je dois passer entre les araignées et le chouque....oui, mais la ralingue de chute va m'empêcher d'atteindre le galhauban, et de là pas moyen d'atteindre la barre de flèche.... Me reste vraiment  qu' à  passer  par le trou du chat comme les novices. Je l'aurai un jour... Son super hétérodyne à double changement de fréquences, j'lui croiserai les quartz, pour voir.  Quant à l'autre, sa burette à la main, débarbouillé de la tête aux pieds par l'embrun adipeux,  il en profite pour refaire le plein d'huile en allant au poste de combat. Mais il n'a pas pour autant reprit ses couleurs.

Heureusement, personne ne lui a piqué son seau.....


Par Hubert TRINQUETTE & Mike La DRISSE
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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 07:49


-  A la même heure, à fond de cale,

le rondier, sa lampe à huile à la main, rencontre un homme en plein labeur :

- Que fais tu matelot ?
- Je fais le relevé de la soute alimentaire, chef. Alors je compte les briquettes, 31213, 31214, 31215, et j'en profite pour équilibrer la gîte, une sur bâbord, une sur tribord...
- A PMP on consomme le double....

La cheminée vomit de lourdes volutes de fumée noire qu'emporte la furie du vent, alors que l'on aurait bien voulu que la petite manche à air qui dépasse du roof de la cuisine indique ce que le coq prépare, mais Eole essuie tout indice. Accompagné de son fidèle matelot, Jean François et Guy Tarre, le sécuritard, alors en ronde sur l'avant du P'tet ben qu'si, voient un homme assis sur une bitte, ses deux mains sont cramponnées à une batayole. Sa tête est recouverte d'un suroît dont la partie arrière recouvre le lourd ciré de toile huilée.
- Que fais-tu là ? demande Tarre en se rapprochant du matelot afin de couvrir les bruits de l'étrave qui fend les flots.
- Je suis chargé de prévenir si je vois la ligne, car la vigie peut la manquer !
- La Ligne ? Ah mon ami, le mauvais temps à ralenti le bateau, nous ne passeront pas le Grand Cercle avant plusieurs jours, tu peux retourner dans ta batterie...
Certes l'île de la Tante à Sion est encore éloignée mais, afin de gagner du temps Tanguy cherche où loger les filles qu'il faut soustraire à la convoitise des ignobles agresseurs.
Le Padre Antonio avait suggéré d'aménager la soute à béquilles, mais le bidel avait écarté cette solution: située à fond de cale, ce local réservé à des pièces orthopédiques, aurait pu devenir le rendez-vous des rondiers, qui alors auraient été volontaires pour ces visites de sécurité...
- Cré non de non !!
Le vieux débouche son  bigophone souffle deux fois dedans..
- La machine? Vous crachez tout' vot' suie, yen a plein la table à cartes, et ma longue vue est couverte de votre crasse. Je ne vais pas tarder à en apostiller un ou deux si ça continue. En plus, je me suis fait un oeil au beurre noir avec le caoutchouc. Réglez moi tout ça, et qu'ça sot' !
- Affirmatif, à vos ordres Commandant !!
Ce qui est fait sur le champ ( si j'ose dire ... )
Quelques instants plus tard, le Patron, chef de quart du compartiment machines, interpelle un pov' matelot très occupé à dégobiller tripes et boyaux dans un seau. Pourtant la mer n'est pas encore méchante, deux à trois mètres de creux seulement.
- Toi, oui toi, tu prends la burette et tu vas lubrifier l'étrave. Le Commandant vient de m'informer que ça commençait à chauffer... p'tet même à rougir. Ça fait des heures qu'on maintient 20 noeuds contre le vent. Et tu décoinces !!

- Oui Patron !!

Par Hubert TRINQUETTE & Mike La DRISSE
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 17:28


 

 

Machines à PMP, toute la voilure offerte au vent portant, l'étrave à guibre du vaillant tossemer fend la houle. Dans les postes l'atmosphère a changé: les oreilles d'âne sont retirées des hublots car les lourds nuages noirs laissent entrevoir maintenant des rideaux de pluie le grains arrive. Guy Tarre le sécuritard, l'homme des situations difficiles, est parti s'assurer que les panneaux sont clos et le bétail sur pieds remisé dans les enclos.
L'aumônier, le Padre Antonio que certains appellent San-Antonio, mais que quelques mécréants surnomment Béru, probablement à cause de son ventre en bulbe de pétrolier, cherche à rassurer les plus émotifs:
- Mais non mes enfants, nos amis n'en veulent pas à nos poulies coupées !
- Oh, monsieur l'aumônier...! Poulies coupées...
- Excusez-moi, mes enfants, à vous côtoyer continuellement, j'utilise votre trivial langage, je veux parler de la gent féminine. Tout ceci n'est sûrement qu'un exercice.
Inquiet de la tournure que prennent les évènements, P'tit Louis s'entretient avec son ami Zef
- Ah Ah... (dit-il en espagnol, car il emploie la langue de Cervantes aussi bien que le français), incroyable cette aventure. A peine arrivé au mouillage v'là que Tac-Tac capte un message secret, puis nous levons la pioche aussitôt.
Mais l'ami Zef, fier de ses deux galons rouges, assure P'tit Louis d'être, dans une petite mesure, au courant de ce qui se trame à la passerelle.
- Te casses pas la tête mon pays, nous n'irons pas au casse pipe pour rien, j'en connais un qui, en loussedé, prend des notes. Il les relève du journal de bord. Ma chique à parier que cet écrivaillon va encore nous sortir un bouquin sur cette croisière, et il en ramassera tous les fruits !
Tac-Tac termine la réinstallation de sa TSF. Cette dernière est la plus récente de la gamme Marc Honni. Les selfs nid d'abeille consciencieusement bobinées en fil de Litz, vernies à la paluche, semblent parfaitement convenir. Les accus, chargés à bloc, bien calés dans le hamac du mousse, ne risquent pas de déverser leur sinistre acide. Sage précaution à la perspective du nouveau grain qui arrive droit sur le P'tet ben qu'si.  La vigie, chez qui la nuit orageuse avait produit un effet d'appétence, dégringole de son mât.
- Qu'est ce c'est qu'on mange.?
Le pauvre matelot n'avait pas été informé du danger,  probablement imminent , qui les guettait tous. Sans doute, perché dans son tonneau, avait-il planqué quelques revues coquines, et s'était plutôt documenté sur l'anatomie que sur le lointain horizon d'où pouvait poindre l'ignoble.
Minuit. La cloche pique la relève de quart. Le vieux fait un dernier point avec son sextant spécial pour ciel couvert.  La route est bonne, donc continuons cap droit devant.



Par Hubert TRINQUETTE & Mike La DRISSE
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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 19:52


 

 

Arrivés à la plage, ils  chargent sur leurs épaules Tac-Tac, puis le hissent à bord de la chaloupe.

- Nous avons besoin de toi pour la radio, mais enlève tes écouteurs, il n’y a plus l’antenne, nous l’avons débranchée….

- Ah bon répondit-il dans un murmure…

Des bruits circulent maintenant dans les coursives: le message reçu provenait d'un vapeur équipé de TSF, il signalait un 3 mâts transportant des caisses de mazout, la cargaison engagée risque de passer par dessus bord, mais l'état major du P'tet ben qu'si n'a pas confirmé et Tac-Tac reste muet...

Tanguy prend son gueulard et s’adresse à l’équipage pour couper toutes rumeurs:

- Nous partons à la chasse à l’anglois. Le message,  totalement décrypté, indique clairement qu’un bâtiment se rue sur l'île de La Tante à Sion. En effet,  des Amazones, Nos Amazones, toutes originaires de notre Bretagne bigoudène, se sont réfugiées sur cette île volcanique de La Tante à Sion. Tout l’équipage de leur navire a péri dans le naufrage, suite à une voie d’eau. Le HSM Bel-Zabete Ouane croisant par là a intercepté  le S.O.S ( Save Our Souls ) lancé par le Pacha avant de sombrer.

L’Amirauté est très inquiète quant aux intentions……. , enfin vous comprenez, n’est ce  pas ? Ce sont nos Femmes  !!

La dépêche  enfin dévoilée, l'équipage est consterné par l'ignominie de la situation, il n'ose pas imaginer la suite de la croisière. Déjà la mâture se charge de voiles  et la chauffe est poussée...
Tanguy hors de lui n'arrête pas de morigéner. Foin de la peau d'bouc pour l'équipage, sa vindicte est à présent toute autre...
-Ah, le Petit Corse n'a pas réussi à les réduire, mais c'est nous, sur notre vaillant P'tet ben qu'si qui allons galipoter leurs faces comme les gabiers le feraient pour un pataras de chouque de misaine. Quoi, ils veulent s'amateloter, se rabouter à nos femmes! Qu'ils approchent...
-Non renchéri Jean François c'est nous qui allons vers eux. Veille au grain perfide Albion, nous arrivons
A la passerelle, le vieux, tout à son affaire, contrôle la route. Bamboula a ressorti tous ses instruments: depuis  l'octant, jusqu'au cercle de Borda. Belle pyramide, formée par les beaux coffrets vernis, mais tous les hommes savent que le commandant n'utilisera que son pendule et ses baguettes de sourcier...  Au loin un grain se dessine, le vent forcit, les nuages s'accumulent, un orage , un ouragan ?
"Que Jeanne d'arc, la résolue nous protège ! Sus aux  méprisables !"

 


Par Hubert TRINQUETTE & Mike La DRISSE
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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 05:39

Tu vois "bosco", ici point de ciel bleu, c'est la mine,  tu entends continuellement le ronronnement de la "bécane". Il faut "zyeuter" le tableau de bord pour que tout le monde ait du "jus". Va porter la parole à ces ignares de "pontus" qui pérorent au soleil......

Jean François, heureux de retrouver l'air pur du large, remonte porter la nouvelle aux pontus,  Je suis, du pont  et je le je resterais se dit il comprenant le dur labeur de ses camarades "bouchons gras"...

A la lecture de l'important message reçu par Tac-Tac, l'équipage est rappelé aussitôt aux postes de manoeuvre. Les palans aident  en finale le cabestan pour déraper l'ancre de sa souille et le bateau reprend la mer pour sa nouvelle mission.
A la passerelle le QM timonier Bamboula a sorti des chemises de cartes et le commandant, isolé dans la chambre de veille, commence à tracer les routes. Bamboula est heureux car dans ce lot de cartes se trouve Dakar, et il croit que le bateau y retourne pour charbonner.
- T'es dingue chasse-mouches, tu ne te souviens plus de la bataille de fleurs, les soutes sont pleines de briquettes. Le gréement a été refait, des voiles neuves embarquées et les gabiers du bosco ont réparé les mauvaises...
- Alors où nous mène le message reçu par Tac-Tac ?

Ah oui Tac-Tac…….

- Mais il est où  ? s’écrie Bamboula …

Le pauvre, il est resté à terre, couché à plat ventre sur le sable. Il rame comme une tortue qui vient de pondre ses œufs pour…. retrouver ses installations et se recoller  les écouteurs sur les oreilles…Le devoir avant tout…

Pendant ce temps, les voiles sont hissées à grand renfort de chants  grivois, de digue, d’arbalète, et autres termes marins..

- Commandant, commandant, Tac-Tac est resté à terre, nous l’avons oublié !!!

- Gast, c’est pas possible ! Nous avons besoin de lui ! Une chaloupe à la mer, allez me chercher c’tenfant de chique ! Nous, nous continuons  à faire route, vous nous rattraperez !!!

Dans la "barcasse" le "patron" prévient "Pas de biffins dans mon canot" , alors Tac-Tac tu "nageras" comme les autres....en cadence..deux.......deux.....et pas de "pelles à plat" avant l'accostage.....

Par Hubert TRINQUETTE & Mike La DRISSE
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  • Hubert TRINQUETTE & Mike La DRISSE
  • Les Aventures du P'tet ben qu'si
  • 29 Bigouden
  • Humour Rire Dérision Jeux de Mots
  • Nous sommes deux anciens marins de la Royale. Nous narrons les aventures rocambolesques d'un navire fougueux, voile et vapeur, chargé de secourir des Amazones naufragées.

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